Les 7 erreurs fiscales des nouveaux arrivants chinois au Canada
Chaque année, des nouveaux arrivants de Chine s'installent au Canada avec des économies, des biens immobiliers et des comptes de placement restés au pays — et des hypothèses fiscales qui fonctionnaient en Chine mais pas ici. Le Canada impose ses résidents sur leur revenu mondial, exige la divulgation des biens étrangers au-delà d'un seuil et fonctionne par autocotisation : l'ARC vous fait confiance pour déclarer correctement. Voici les sept erreurs qui coûtent le plus cher aux nouveaux arrivants chinois, et comment éviter chacune.
Erreur n° 1 : ne déclarer que le revenu canadien
En Chine, l'impôt sur le revenu des particuliers est largement retenu à la source par l'employeur, et beaucoup de nouveaux arrivants supposent qu'il en va de même au Canada — déclarer le T4 de l'emploi canadien suffirait. En réalité, dès que vous êtes résident fiscal du Canada, vous devez déclarer votre revenu mondial : salaire versé par un employeur chinois, loyers d'un bien à Shanghai, intérêts d'un compte bancaire chinois, dividendes d'actions chinoises. L'ARC ne se soucie ni du lieu où l'argent a été gagné ni de l'endroit où il se trouve. Omettre le revenu étranger est l'erreur de nouvel arrivant la plus fréquente — et la plus sanctionnée.
Erreur n° 2 : se tromper de date d'arrivée
Votre résidence fiscale au Canada commence généralement le jour où vous établissez des liens de résidence importants : un logement, un conjoint ou des personnes à charge vivant avec vous au Canada. L'année d'arrivée, vous êtes résident à temps partiel — l'impôt canadien ne s'applique au revenu mondial qu'à compter de votre date d'entrée, mais vous devez quand même produire une déclaration canadienne pour cette année et indiquer votre date d'entrée. Les nouveaux arrivants choisissent souvent la mauvaise date (délivrance du visa, première visite, date de la carte de résident permanent) ou omettent de déclarer la première année. La date d'entrée détermine quels revenus sont imposables au Canada : elle doit être exacte.
Erreur n° 3 : ignorer le T1135 — vos biens en Chine comptent
Si, à un moment quelconque de l'année, vos biens étrangers déterminés ont un coût total supérieur à 100 000 $ CA, vous devez joindre à votre déclaration le formulaire T1135, Bilan de vérification du revenu étranger. Pour les nouveaux arrivants chinois, ce seuil est plus facile à franchir qu'on ne l'imagine : un compte bancaire en Chine, des soldes Alipay ou WeChat Pay utilisés pour investir, des actions et fonds chinois, un appartement détenu comme placement s'additionnent vite. Notez que le seuil repose sur le coût, pas la valeur marchande, et qu'il s'agit du total de tous les biens étrangers. La pénalité pour production tardive commence à 25 $ par jour jusqu'à 2 500 $, et la négligence grave peut la porter à 12 000 $ ou plus. Les biens détenus dans un REER, un CELI ou un régime de retraite ne comptent pas — mais vos comptes chinois personnels, oui.
Erreur n° 4 : croire que la convention fiscale rend le revenu chinois non imposable
La convention fiscale Canada-Chine (1986) évite la double imposition — elle ne rend pas votre revenu chinois non imposable au Canada. Son fonctionnement réel : la Chine peut retenir l'impôt à des taux plafonnés par la convention (dividendes : 15 % pour la plupart des particuliers, 10 % pour les sociétés admissibles ; intérêts et redevances généralement plafonnés à 10 %), puis vous demandez un crédit pour impôt étranger (formulaire T2209) dans votre déclaration canadienne pour l'impôt déjà payé en Chine. La convention limite ce que la Chine peut retenir ; le Canada impose ensuite le revenu mondial et accorde le crédit. Les nouveaux arrivants qui supposent que « convention = pas d'impôt canadien sur le revenu chinois » s'exposent à des revenus non déclarés et à des redressements.
Erreur n° 5 : omettre la déclaration de l'année d'arrivée
« Je ne suis arrivé qu'en octobre — je déclarerai l'an prochain. » C'est faux, et coûteux. Vous devez déclarer pour votre année d'arrivée, et la déclaration est aussi le seul moyen de déclencher les prestations : le crédit pour la TPS/TVH (en transition vers la Prestation canadienne pour l'épicerie et les essentiels) et l'Allocation canadienne pour enfants sont calculés à partir de votre déclaration. Pas de déclaration, pas de prestations — même avec un revenu nul. Les nouveaux arrivants sans revenu canadien la première année doivent quand même déclarer.
Erreur n° 6 : ne pas documenter le coût des biens apportés
À l'immigration, la plupart de vos biens sont réputés acquis à leur juste valeur marchande à votre date d'entrée — c'est ce montant qui servira de coût pour le calcul canadien des gains en capital. Si vous vendez plus tard l'appartement de Shanghai, le Canada n'imposera que la plus-value mesurée depuis votre date d'entrée, pas depuis votre achat initial. Conservez évaluations, preuves d'achat et justificatifs de la date d'entrée. Sans eux, l'ARC contestera vos chiffres et vous perdrez par défaut.
Erreur n° 7 : conserver une résidence fiscale chinoise sans plan
Certains nouveaux arrivants tentent de rester résidents fiscaux des deux pays, ou continuent discrètement à déclarer comme résidents fiscaux chinois tout en vivant à temps plein au Canada. La double résidence déclenche les règles de départage de la convention, qui désignent le seul pays de résidence aux fins de la convention selon, dans l'ordre : le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, la résidence habituelle et la citoyenneté. L'ambiguïté ne rapporte rien : si votre vie est au Canada, vous êtes résident fiscal canadien, et feindre le contraire crée des obligations déclaratives dans deux pays, avec des pénalités des deux côtés.
Questions fréquentes
Mon salaire chinois continue d'être versé après mon déménagement. Où est-il imposé ?
Si vous êtes résident fiscal canadien, déclarez-le au Canada comme revenu d'emploi mondial. La Chine peut aussi l'imposer à la source ; demandez un crédit pour impôt étranger dans votre déclaration canadienne pour l'impôt chinois payé, afin d'éviter la double imposition du même revenu.
Dois-je déclarer l'argent de mes parents en Chine ?
Non — vous déclarez vos biens et revenus, pas ceux de vos parents. Mais si vos parents vous donnent une somme importante que vous investissez, le placement et ses revenus vous appartiennent et doivent être déclarés. Les dons ne sont généralement pas imposables au Canada, même si le seuil du T1135 tient compte des biens que vous possédez.
Mon compte bancaire chinois n'a jamais rapporté d'intérêts. Dois-je quand même produire le T1135 ?
Oui, dès que le coût total de l'ensemble de vos biens étrangers déterminés a dépassé 100 000 $ à un moment de l'année — l'obligation de produire ne dépend pas du fait que les biens aient généré un revenu.
Dois-je fermer mes comptes chinois avant d'immigrer ?
Pas nécessairement, mais simplifiez avant d'arriver : regroupez les comptes, documentez les coûts, obtenez des évaluations des biens à votre date d'entrée. Moins de comptes signifie des T1135 plus simples chaque année de résidence canadienne.
Puis-je utiliser le T1135 simplifié ?
Si le coût total de vos biens étrangers déterminés se situe entre 100 000 $ et 250 000 $, vous pouvez utiliser la méthode simplifiée (déclaration globale avec cases à cocher et principaux pays). Au-delà de 250 000 $, une déclaration détaillée par bien est requise.
Sources
- Agence du revenu du Canada, Bilan de vérification du revenu étranger (formulaire T1135) : https://www.canada.ca/en/revenue-agency/services/tax/international-non-residents/information-been-moved/foreign-reporting/foreign-income-verification-statement.html
- Agence du revenu du Canada, Questions et réponses sur le formulaire T1135 : https://www.canada.ca/en/revenue-agency/services/tax/international-non-residents/information-been-moved/foreign-reporting/questions-answers-about-form-t1135.html
- Ministère des Finances Canada, Convention fiscale Canada-Chine (1986) : https://www.canada.ca/en/department-finance/programs/tax-policy/tax-treaties/country/china-agreement-1986.html
Cet article fournit des informations générales sur les règles fiscales canadiennes et ne constitue pas un avis fiscal. La résidence, l'application des conventions et la déclaration des biens étrangers dépendent des faits propres à chaque cas — consultez un fiscaliste canadien agréé avant de déclarer.