Visas pour la France : tour d'horizon — court séjour C, long séjour D et titres de séjour
La France fonctionne sur deux voies : le visa Schengen de court séjour (type C) pour des séjours d'une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours, et le visa national de long séjour (type D) pour tout séjour plus long. La plupart des visas de long séjour délivrés sont des « VLS-TS » — ils doivent être validés en ligne dans les trois mois suivant l'arrivée et valent alors titre de séjour d'un an. La suite dépend de votre catégorie — carte temporaire d'un an, carte pluriannuelle ou carte de résident de 10 ans — et depuis janvier 2026, les exigences de langue et d'examen civique pour les titres longs se sont nettement durcies.
Les deux familles de visas
Type C — visa de court séjour « Schengen ». Délivré par tout État membre de l'espace Schengen pour un transit ou des séjours dont la durée totale n'excède pas 90 jours sur toute période de 180 jours. Le portail officiel france-visas.gouv.fr énonce explicitement cette règle des 90/180 jours : les jours se comptent sur une fenêtre glissante de 180 jours, en un ou plusieurs séjours, et la limite s'applique que l'on soit ou non soumis à visa. Le court séjour couvre le tourisme, les voyages d'affaires, les visites familiales, les formations courtes, voire une activité rémunérée — tant qu'elle ne dépasse pas 90 jours.
Un visa de circulation à entrées multiples peut être valable de six mois à cinq ans, mais le plafond de 90 jours par période de 180 jours ne bouge jamais. Dépasser les 90 jours, même de peu, est l'erreur d'immigration la plus fréquente en France.
Type D — visa national de long séjour. Obligatoire pour tout séjour supérieur à 90 jours : études, travail, regroupement familial, retraite. Contrairement au type C, le type D relève du droit national français et est délivré pour la France (il permet aussi de courts voyages dans les autres États Schengen selon la règle 90/180 pendant sa validité).
France-Visas : le point de départ officiel
France-Visas (france-visas.gouv.fr) est la porte d'entrée officielle de toute demande de visa. Son « assistant visa » interroge sur votre nationalité, votre résidence, votre document de voyage et l'objet du voyage, puis indique si un visa est requis, lequel, son coût et les justificatifs. Commencez toujours par là plutôt que par la liste d'un intermédiaire — le portail reflète les exigences officielles en vigueur, et les consulats traitent les dossiers déposés via ce circuit.
VLS-TS contre VLS : la différence qui compte
Un visa de long séjour existe en deux versions, et cette distinction conditionne vos premiers mois en France :
- VLS-TS (visa de long séjour valant titre de séjour) — dans les trois mois suivant votre arrivée en France, vous devez le valider en ligne sur le portail ANEF (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr). La validation exige le numéro de visa, la date d'entrée, une adresse en France et le paiement d'une taxe de séjour par timbre fiscal électronique. Une fois validé, le visa vaut lui-même titre de séjour pour sa durée (généralement 12 mois), et vous pouvez travailler si votre catégorie de visa le permet. Sans validation, vous êtes en situation irrégulière — le visa n'a aucun effet juridique comme titre de séjour.
- VLS (visa de long séjour simple) — porte la mention « carte de séjour à solliciter ». Vous devez déposer une demande de carte de séjour en préfecture dans les deux mois suivant votre arrivée.
Après la validation en ligne d'un VLS-TS, l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration) vous convoque à une visite médicale obligatoire et, pour la plupart des primo-arrivants, à la signature du contrat d'intégration républicaine (CIR), qui comprend une formation civique et une formation linguistique. Sans nouvelles de l'OFII dans les 45 jours suivant la validation, écrivez à la direction territoriale de l'OFII de votre département en joignant une copie de votre passeport et la confirmation de validation.
L'échelle des titres de séjour
Après la première année, les titres sont délivrés sous forme de cartes, demandées via l'ANEF :
- Carte de séjour temporaire — valable un an, renouvelable ; mentions salarié, étudiant, vie privée et familiale, visiteur, etc.
- Carte de séjour pluriannuelle — jusqu'à quatre ans ; généralement accessible après un an de carte temporaire. Depuis le 1^er^ janvier 2026, une première carte pluriannuelle exige un français certifié de niveau A2 (oral et écrit) et la réussite de l'examen civique (voir ci-dessous). Le passeport talent est lui-même une carte pluriannuelle d'une durée maximale de quatre ans.
- Carte de résident — dix ans, renouvelable, autorisant toute activité professionnelle sans autorisation de travail. La voie classique exige cinq ans de séjour régulier (les années passées comme étudiant ne comptent pas), des ressources stables et suffisantes (au moins le Smic) et, depuis 2026, un niveau B1 certifié en français (oral et écrit) ainsi que l'examen civique. La carte devient caduque après plus de trois ans consécutifs hors de France.
- Carte de résident longue durée-UE — variante européenne, dix ans également, qui permet en outre de résider dans d'autres pays de l'UE sous conditions.
Nouveauté 2026 : une échelle de langue et un examen civique
La loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration et améliorer l'intégration (loi n° 2024-42), précisée par les décrets du 15 juillet 2025, a instauré un barème progressif applicable depuis le 1^er^ janvier 2026 :
- A2 (oral et écrit, certifié) pour une première carte de séjour pluriannuelle ;
- B1 (oral et écrit, certifié) pour une première carte de résident ;
- B2 (oral et écrit, certifié) pour la naturalisation française.
Les trois démarches exigent aussi la réussite du nouvel examen civique : 40 questions à choix multiples en français sur les principes et valeurs de la République, les institutions et la vie quotidienne en France, avec au moins 32 bonnes réponses (80 %) pour réussir. Les demandeurs de 65 ans et plus sont dispensés du test de langue comme de l'examen civique. C'est un vrai durcissement — prévoyez vos études de français en années, pas en mois.
Questions fréquentes
Q : Un visa Schengen à entrées multiples de 5 ans permet-il de rester 5 ans en France ?
R : Non. La durée de validité du visa (jusqu'à 5 ans pour les visas de circulation) n'est pas un droit au séjour. Chaque séjour reste plafonné à 90 jours par période glissante de 180 jours — il faut sans cesse repartir, et le compteur continue de tourner.
Q : Avec un visa D pour la France, puis-je voyager dans d'autres pays Schengen ?
R : Oui, pendant sa validité vous pouvez effectuer de courts voyages dans les autres États Schengen selon la règle 90/180 jours. En revanche, vous ne pouvez ni vous installer ni travailler dans un autre État membre avec un visa D français.
Q : Que se passe-t-il si j'oublie de valider mon VLS-TS dans les 3 mois ?
R : Vous tombez en situation irrégulière : le visa ne vaut plus titre de séjour, ce qui peut bloquer le renouvellement, les droits liés à l'emploi et les demandes ultérieures. Validez en ligne dès que vous avez une adresse en France — n'attendez pas le courrier de l'OFII, qui n'arrive qu'après la validation.
Q : Où déposer concrètement sa demande ?
R : Les demandes de visa commencent sur france-visas.gouv.fr (puis rendez-vous au consulat ou au centre de visas). Après l'arrivée, la quasi-totalité des démarches de séjour — validation, renouvellements, changements d'adresse — se fait sur le portail ANEF (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr), et non au guichet de la préfecture.
Sources
- https://france-visas.gouv.fr/visa-de-court-sejour
- https://france-visas.gouv.fr
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2208
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34501
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F11926
- https://www.ofii.fr/validation-vlsts-et-convocation-ofii/
- https://formation-civique.interieur.gouv.fr/examen-civique/informations-g%C3%A9n%C3%A9rales-sur-lexamen-civique/